Fil d'Ariane
Qu’est-ce que la Lp(a) ?
La lipoprotéine (a), dont l’acronyme usuel est « Lp(a) », est une lipoprotéine de basse densité qui, comme la particule LDL, est riche en cholestérol (entre 30 et 45% de sa masse sont du cholestérol). Découverte en 1963, son association avec les maladies cardiovasculaires est quant à elle évoquée depuis les années 1970. La Lp(a) est aujourd’hui considérée comme un facteur de risque indépendant des maladies cardiovasculaires, ce qui a été confirmé par des études robustes de randomisation mendélienne, des méta-analyses de qualité et de grandes études observationnelles.1-2
Présentation de la Lp(a)
La Lp(a) associe la lipoprotéine LDL et une glycoprotéine de taille variable, l’apolipoprotéine(a) [(apo(a)], liée à l’Apo B-100 de la LDL par un pont disulfure. 1
Adapté de Lampsas S., et al. 20232
Comparaison structurelle entre le LDL et la Lp(a). Les deux molécules contiennent une apolipoprotéine (B) (ApoB) par particule, cependant la Lp(a) contient également une apolipoprotéine(a) (Apo(a)) liée par un pont disulfure. L’Apo(a) contient 10 sous-type de domaines Kringles IV (KIV1-KIV10), un domaine Kringle V (KV) et un domaine protéase inactif (P).
Tout comme le plasminogène avec qui elle présente une grande similarité de structure, l’apo(a) est constituée de plusieurs domaines structuraux appelés « Kringles ». Ces domaines Kringles sont des motifs structuraux initialement découverts dans les molécules impliquées dans les voies de coagulation et de fibrinolyse. Les domaines Kringles sont absents des autres apolipoprotéines. (Pour en savoir plus sur le rôle physiologique de la Lp(a), consultez notre page dédiée).1
L’Apo(a) est composée de plusieurs domaines Kringle, dont le KIV2, très variable, pouvant inclure de 3 à plus de 40 copies répétées. Cette variabilité entraîne une grande hétérogénéité des isoformes de la Lp(a), dont la taille varie de moins de 200 kDa à plus de 800 kDa.1
LBS = Lysine Binding ; Site : Site de liaison à la lysine en dessous de l'image
Adapté de Boffa MB, et al. 20241
Comment les concentrations de Lp(a) sont-elles déterminées ? Lien entre facteurs génétiques et concentration de Lp(a)
Les concentrations de Lp(a) varient au sein de la population, allant de <1 mg/dL (2,5 nmol/L) à > 250 mg/dL (625 nmol/L).1 Cette grande variabilité inter-personnes a une origine génétique puisque plus de 90% de la concentration plasmatique de Lp(a) est déterminée génétiquement.1,3 En effet, la concentration de Lp(a) est dépendante de la structure de l’apo(a) qui la compose (pour en savoir plus sur la structure de la Lp(a), consulter notre page dédiée à la structure de la Lp(a)).
On observe ainsi une corrélation inverse entre la concentration de Lp(a) et le nombre de répétitions des domaines Kringles IV-2 présents sur le gène de la Lp(a) : moins les domaines KIV2 sont nombreux, plus la concentration de Lp(a) sanguine est élevée.3 Ceci s’explique par une sécrétion plus importante d’Apo(a) par les personnes présentant une isoforme de petite taille (jusqu’à 22 répétitions de KIV2) par rapport aux personnes présentant une isoforme de grande taille (>22-40 répétitions de KIV2).3
Relation entre le nombre de Kringles IV-2 et la concentration de Lp(a)
Novartis février 2026
Malgré son déterminisme génétique prédominant, la concentration de Lp(a) peut également être influencée par quelques conditions acquises :
Insuffisance rénale et insuffisance hépatique : l’insuffisance rénale accroît la concentration de Lp(a) alors que l’insuffisance hépatique la réduit. Cela s’explique par le mode de production et d’élimination de la Lp(a), qui dépendent respectivement du foie et du rein.3,4
Variation des hormones sexuelles : un excès ou un traitement par hormones sexuelles (œstrogènes, androgènes) peut diminuer la concentration de Lp(a).3 A l’inverse, les phases de grossesse mais aussi de ménopause peuvent l’augmenter5 (augmentation de 27% chez les femmes ménopausées versus les femmes non-ménopausées5 et de 17% chez les femmes de plus de 50 ans versus les hommes du même âge4). L’hypothyroïdie et les traitements par hormone de croissance peuvent également provoquer une augmentation du taux de Lp(a),
Processus inflammatoire : une augmentation de la concentration de Lp(a) circulante a été retrouvée en cas de maladie inflammatoire telles que la polyarthrite rhumatoïde, le lupus, la maladie de Crohn, le SIDA ou encore l’hypertension artérielle pulmonaire.4
L’essentiel à retenir 1-5
Molécule constituée d’une particule de type LDL, contenant une ApoB‑100, et d’une apolipoprotéine(a) liée à l’ApoB par un pont disulfure.
Des concentrations très variables dans la population
Grande variabilité de taille des isoformes due aux répétitions plus ou moins nombreuses du domaine Kringle KIV2
Une concentration principalement déterminée par des facteurs génétiques
Découvrez ce qu'est la Lp(a) en vidéo
Références
Boffa MB, Koschinsky ML. Lipoprotein(a) and cardiovascular disease. Biochem J. 2024;481(19):1277-1296.
Lampsas S, et al. Lipoprotein(a) in Atherosclerotic Diseases: From Pathophysiology to Diagnosis and Treatment. Molecules 2023, 28, 969.
Descamps O.S. La lipoprotéine (A) renaissance d’un facteur de risque cardiovasculaire. Louvain Med. 2015;134(7):349-360
Fichtner I, et al. Lipoprotein(a) and the atherosclerotic burden - Should we wait for clinical trial evidence before taking action? Atheroscler Plus. 2024;58:16-23.
Simony SB, et al. Sex differences of lipoprotein(a) levels and associated risk of morbidity and mortality by age: The Copenhagen General Population Study. Atherosclerosis. 2022 Aug;355:76-82.