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LPA

Lp(a) et augmentation du risque cardiovasculaire​

 

La concentration de Lp(a) ne varie que très peu au cours de la vie. Cependant, des variations importantes inter-individuelles sont observées dans la population et des concentrations élevées de Lp(a) sont un facteur prévalent, indépendant et causal des maladies cardiovasculaires athéroscléreuses et de sténose aortique.1

Qu’est-ce qu’une concentration élevée de Lp(a) ?​​
 

Les concentrations de Lp(a) sont extrêmement variables au sein de la population, avec des valeurs pouvant aller de ~25 nmol/L (~1 mg/dL) à 750 nmol/L (> 300 mg/dL), avec une distribution hautement asymétrique des concentrations au sein de la population, les concentrations faibles étant majoritaires. La concentration de Lp(a) est considérée comme normal à condition d’être inférieur à 30 mg/dL (Pour en savoir plus sur le dosage de la Lp(a), consulter notre page dédiée). 1,2


Au niveau mondial, on estime qu’environ un individu sur 5, soit près de 1,5 milliard de personnes, ont une concentration sanguine de Lp(a) élevée (≥50 mg/dL), avec une prévalence allant de 10 à 30% de la population selon les zones géographiques.3​


Des variations inter-ethniques sont également observées, avec des concentrations généralement plus élevées chez les populations afro-américaines, suivies des populations originaires d’Asie du Sud, des populations d’origine caucasienne, d’origine hispanique et enfin d’Asie de l’Est. 1,4​


Le risque cardiovasculaire augmente de façon accru à partir d’une concentration d’environ 125 nmol/L, soit environ ≥ 50 mg/dL. 1,2

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La figure illustre la dispersion évolutive du gène LPA et de ses différentes isoformes au cours de l’histoire humaine. En raison des différents schémas de migration des populations présentant des isoformes de tailles différentes, ainsi que du remodelage ultérieur du gène LPA, la prévalence mondiale des taux plasmatiques de lipoprotéine(a) [Lp(a)] est variable. La prévalence d’un taux élevé de Lp(a) (≥100–125 nmol/L) est basée sur les estimations de prévalence mondiale de la population pour l’année 2022.
M = million ; Pop. = population.
Adapté selon Tsimikas S, et al. 20223​

Lien physiopathologique entre l'élévation de la concentration de Lp(a) et l'apparition des maladies cardiovasculaires​

De part sa structure, la Lp(a) possède des propriétés pro-athérogéniques, pro-inflammatoires et potentiellement pro-thrombotiques2,5,6 :​

  • Action athérogène : la Lp(a) pénètre dans la paroi artérielle, favorisant l'accumulation de cholestérol et l'inflammation locale. Elle stimule la prolifération des cellules musculaires lisses et la formation de plaques athéroscléreuses, notamment celles à cœur nécrotique et hautement calcifiées.​

  • Action pro-inflammatoire : transportant des phospholipides oxydés (OxPL), la Lp(a) amplifie l’inflammation en augmentant la production de cytokines et en facilitant la migration des monocytes vers les plaques athéroscléreuses. ​

  • Action pro-thrombotique : bien que son rôle exact reste débattu, la Lp(a) interfère avec la fibrinolyse et renforce les mécanismes pro-coagulants, notamment via l’inhibition du plasminogène et son interaction avec le PAI-1 (inhibiteur du plasminogène de type I).​

  • Action favorisant la calcification dans la sténose aortique​


Effets cellulaires des lipoprotéines(a) [Lp(a)] et des phospholipides oxydés associés aux Lp(a).​


Les Lp(a) favorisent les lésions endothéliales en induisant une thrombose pariétale et un dysfonctionnement endothélial ; ce dernier facilite le passage des Lp(a) à travers la couche endothéliale protectrice. Les Lp(a) peuvent également activer les monocytes dans le sang. Les rôles des Lp(a) dans l’intima artérielle au cours de l’athérosclérose et dans l’interstitium valvulaire de la cuspide aortique se recoupent, impliquant la promotion du dépôt lipidique, de l’inflammation et de la calcification.​


Les activités indiquées en bleu sont médiées principalement par les phospholipides oxydés associés à l’apolipoprotéine(a) et aux Lp(a).


Bien que le rôle physiologique précis de la Lp(a) demeure toujours inconnu, on observe que les individus présentant une concentration de Lp(a) plasmatique indétectable ne présentent aucune maladie identifiable alors qu’à l’inverse, du fait de ses propriétés pro-athérogéniques, des concentrations élevées de Lp(a) sont associées à un risque accru de maladies cardiovasculaires.2

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Adapté de Boffa MB, et al. 20196
LPA : acide lysophosphatidique ; LPC : lysophosphatidylcholine ; SMC : cellule musculaire lisse ; TNF : facteur de nécrose tumorale

Conséquences physiopathologiques d’une concentration élevée de Lp(a)​

 

Une concentration de Lp(a) élevée est un facteur de risque d’origine génétique, indépendant et causal de survenue de maladies cardiovasculaires athéromateuses.7


Une méta-analyse sur plus de 120 000 participants a montré une augmentation de 27 % du risque de maladie coronarienne chez les personnes ayant des concentrations élevées de Lp(a). Chaque hausse de 3,5 fois de la concentration s'accompagne d'une augmentation de 13 % du risque de maladie coronarienne et de 10 % du risque d’AVC ischémique.1


La Lp(a) est également impliquée dans d’autres maladies cardiovasculaires, notamment la maladie artérielle périphérique (+39 % de risque pour une augmentation de 50 mg/dL) et la sténose valvulaire aortique (risque multiplié par 3 pour des concentrations >90 mg/dL). Le risque d’événements cardiovasculaires augmente proportionnellement avec les concentrations de Lp(a). 1,7

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Adapté selon Kronenberg F, et al. 20227

Risque cumulatif à vie d'événements cardiovasculaires majeurs en fonction des concentrations croissantes de Lp(a)


Étude réalisée chez des hommes d’ascendance européenne issus de la base de données UK Biobank. Des résultats similaires ont été observés chez les femmes, bien que les taux absolus d’événements soient plus faibles. Les participants ont été répartis en catégories selon des concentrations plasmatiques médianes croissantes de Lp(a), et les taux cumulés d’événements cardiovasculaires majeurs ont été estimés pour chaque groupe jusqu’à l’âge de 80 ans.

Les maladies cardiovasculaires sont la 1ère cause de mortalité dans le monde. En France, on estime ainsi que chaque année8 :​

  • plus de 3 millions de patients sont concernés par les cardiopathies ischémiques, ce qui occasionne plus de 240 000 hospitalisations et 30 000 décès ;​

  • les AVC induisent plus de 120 000 hospitalisations et occasionnent plus de 30 000 décès ;​

  • Les maladies artérielles des membres inférieurs sont responsables de plus de 68 700 hospitalisations et impliquées dans plus de 10 000 décès, dont près de 2 000 pour lesquelles elles étaient la cause initiale du décès.​


La contribution exacte de la Lp(a) à la survenue de ces événements n’est pas quantifiée de façon précise. Toutefois, un profil lipidique défavorable, incluant fréquemment une hypercholestérolémie, est observé chez un grand nombre des patients concernés.8

*Les recommandations de l’ESC/EAS établissent cette limite à 105 nmol/L.9

L’essentiel à retenir2

 

Lipoprotéine(a) : mécanismes physiopathologiques
 

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Adapté de Doherty S, et al. 202510
OxPL : phospholipides oxydés ; SNP : polymorphismes nucléotidiques
 

Lipoprotéine(a) : mécanismes physiopathologiques.​
Voies physiopathologiques établissant un lien de causalité entre des concentrations plasmatiques élevées de Lp(a) et les maladies vasculaires athérosclérotiques ainsi que la sténose aortique. ​

Risques cardiovasculaires associés à un taux élevé de Lp(a)
 

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Adapté de Arsenault BJ, et al. 2022​11

Pour la sténose aortique calcifiée, les risques sont comparés entre les sujets situés aux 90e–95e percentiles et >95e percentile de Lp(a), par rapport à une population de référence <22e percentile. Pour l’infarctus du myocarde et l’insuffisance cardiaque, les comparaisons portent sur les 91e–99e percentiles et >99e percentile, avec une référence <34e percentile. Pour l’AVC ischémique, la mortalité cardiovasculaire et la mortalité toutes causes, les analyses comparent des valeurs >95e percentile à une référence <50e percentile. Enfin, pour la maladie artérielle périphérique, l’association est évaluée en comparant les sujets >66e percentile à ceux <33e percentile.

Références

  1. Descamps O.S. La lipoprotéine (A) renaissance d’un facteur de risque cardiovasculaire. Louvain Med. 2015;134(7):349-360​

  2. Durlach V, et al. Lipoprotein(a): Pathophysiology, measurement, indication and treatment in cardiovascular disease. A consensus statement from the Nouvelle Société Francophone d'Athérosclérose (NSFA). Arch Cardiovasc Dis. 2021;114(12):828-847​

  3. Tsimikas S, Marcovina SM. Ancestry, Lipoprotein(a), and Cardiovascular Risk Thresholds: JACC Review Topic of the Week. J Am Coll Cardiol. 2022;80(9):934-946​

  4. Fichtner I, et al. Lipoprotein(a) and the atherosclerotic burden - Should we wait for clinical trial evidence before taking action? Atheroscler Plus. 2024;58:16-23.​

  5. Boffa MB, Koschinsky ML. Lipoprotein(a) and cardiovascular disease. Biochem J. 2024;481(19):1277-1296.​

  6. Boffa MB, Koschinsky ML. Oxidized phospholipids as a unifying theory for lipoprotein(a) and cardiovascular disease. Nat Rev Cardiol. 2019;16:305‑318.

  7. Kronenberg F, et al. Lipoprotein(a) in atherosclerotic cardiovascular disease and aortic stenosis: a European Atherosclerosis Society consensus statement. Eur Heart J. 2022;43(39):3925-3946.​

  8. Semaille C. Éditorial. Santé cardiovasculaire, de nombreux défis à relever ! Bull Épidémiol Hebd. 2025;(HS):2-3. http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2025/HS/2025_HS_0.html

  9. Mach F, et al. 2025 Focused Update of the 2019 ESC/EAS Guidelines for the management of dyslipidaemias. Eur Heart J. 2025;46(42):4359-4378.

  10. Doherty S, et al. Lipoprotein(a) as a causal risk factor for cardiovascular disease. Curr Cardiovasc Risk Rep. 2025;19(1):8.

  11. Arsenault BJ, Kamstrup PR. Lipoprotein(a) and cardiovascular and valvular diseases: A genetic epidemiological perspective. Atherosclerosis. 2022;349:7‑16.